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AFRIQUE – HOSPITALIERE MAIS VICTIME DE XENOPHOBIE ET DE RACISME (2)

  • Posted by: Ismens
  • On: July 30, 2016

African in Europe 3

L’hospitalité dont fait montre l’Afrique n’est plus un secret pour personne. Dans le monde entier, qu’on soit pro ou anti africain, on reconnait aisément que l’accueil d’un étranger en Afrique est une ‘fête’. Mais les africains ne font pas qu’accueillir les étrangers ; ils vont chez les autres aussi. Du fait de la mondialisation, beaucoup d’africains se déplacent à travers le monde entier et s’installent dans bien de pays. Comment les africains sont-ils reçus et traités en Europe, en Amérique ou en Chine ? Leur offre-t-on la même hospitalité dans ces pays ? Quelle est au fait la situation des africains dans ces pays ?

African in Europe 1African in Europe 4Depuis des siècles, des voix se lèvent çà et là à travers le monde entier pour dénoncer et condamner la xénophobie (hostilité à ce qui est étranger) dont font l’objet les africains à l’étranger. L’ironie du sort a voulu que les blancs aient descendu eux-mêmes en Afrique pour emmener de force les Noirs (qu’ils détestent pourtant) chez eux. Que ce soit dans les plantations ou dans les maisons, ces Noirs réduits en esclaves n’ont pas choisi de vivre avec leurs maîtres blancs. Ils y ont été forcés et voilà l’accueil qui leur avait été réservé. Leur avenir était sombre, voire inexistant. Même son de cloche du côté de l’Europe aussi qui maltraitait et humiliait les Noirs qui, n’ayant ni instruction ni propriété, s’occupaient des basses besognes. La race noire n’a-t-elle donc aucun droit ni chez elle en Afrique ni à l’étranger ?

 African in Europe 2

S’accrochant à l’espoir qu’un jour les choses changeraient, beaucoup d’entre les Noirs ont eu un rêve à l’instar de Martin Luther King, défenseur américain des droits civiques qui prononça le 28 août 1963 un célèbre discours dans lequel revenait régulièrement le fameux refrain « I HAVE A DREAM ». Dans ce discours, Martin Luther King a dévoilé son rêve, son espoir de voir le monde débarrassé des préjugés raciaux. Quoi de plus naturel et légitime ! Ce discours, bien qu’adressé à un auditoire américain, correspondait évidemment aux aspirations des gens de toutes nations qui se sont rapidement mis à caresser le rêve de Martin Luther King. Les conséquences n’ont pas tardé. Le 20 novembre de la même, c’est-à-dire trois mois plus tard, la Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale a été adoptée par plus d’une centaine de pays. Et ce n’est que le début d’une véritable avalanche de résolutions qui vont être prises à l’échelle internationale au fil des années qui vont suivre. Quels efforts louables ! C’est vraiment réconfortant de voir le monde entier s’engager ainsi dans la lutte contre la discrimination raciale.

 China Article 21

Mais aujourd’hui, plus de 50 ans après l’inoubliable « I HAVE A DREAM » de Martin Luther King, où en est-on exactement ? « Il existe de nombreux traités et outils ainsi qu’un cadre d’ensemble à l’échelle planétaire pour prévenir et éradiquer le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui en découle. Toutefois, le racisme demeure un fléau pour des millions de personnes partout dans le monde » a malheureusement reconnu Ban Ki-moon, le Secrétaire Général des Nations Unies le 21 mars 2012. Et ce n’est pas nous à BuntuAfrik qui le démentirions. Au contraire, nous lui donnons entièrement raison. Certes, les africains ont beaucoup grimpé dans l’estime des Blancs (on a eu un président américain noir, des ministres noirs en France, et même une équipe nationale française de football presqu’entièrement noire, …), mais ils continuent malheureusement d’être victimes des actes de xénophobie et de racisme à travers le monde. Nous n’en voulons pour preuve que ce qui se passe en ce moment en Chine où nos frères noirs subissent toutes sortes de discrimination à cause de la couleur de leur peau. La journaliste britannique Nicole Bonnah explique : « Qui sont-ils ? Que font-ils ? Ils prennent nos femmes. Ils sont peu éduqués. Ils sont sales et violents… Voilà le genre de choses que l’on entend lorsque l’on est africain en Chine ». Elle ajoute : « On ne peut pas dire que la Chine est raciste dans son ensemble, mais on constate de plus en plus de pratiques discriminatoires et de brutalités policières. » Mais pour Nicole Bonnah, il y a plus que le racisme : « C’est vraiment grave. C’est bien plus que du racisme. Nous voyons que beaucoup d’Africains sont rejetés, ostracisés. Ils ont de plus en plus de mal à trouver des stages ou décrocher un emploi en Chine. Le problème c’est le rapport qu’entretient aujourd’hui la Chine avec l’Afrique. Elle se comporte de plus en plus comme un pays dominateur. » Comme cela, la Chine entend passer maître dans l’art de l’ « afrophobie ». En effet, peut-être préoccupées par l’augmentation de la population noire sur leur territoire, les autorités chinoises initient et mettent en vigueur une législation de plus en plus rigoureuse sur l’immigration des Noirs en Chine. L’obtention du visa est rendue plus difficile tandis que le visa permanent est à renouveler chaque, sans oublier que de sévères sanctions sont prévues. Les autorités semblent rendre volontairement la vie difficile aux africains par une presque omniprésence policière dans les quartiers africains où des contrôles de papiers ont lieu à tout moment et en tout lieu (à l’aube, au soir, dans les rues, dans les domiciles, dans les chambres d’hôtel, …). Le mode de vie et d’hygiène des africains ainsi que leur culture paraissent quelque peu étranges aux yeux des chinois, ce qui leur vaut une cruelle marginalisation au point qu’il est vraiment difficile sinon impossible aux africains de se faire de vrais amis en Chine.

African in China 7

Le cas de la chine est certes fragrant mais il ne saurait constituer en totalité la discrimination dont font l’objet les africains à travers le monde entier. Malheureusement, même dans les pays où l’on a visiblement progressé dans la lutte contre le racisme et la xénophobie, la question se pose toujours avec acuité : Est-on réellement parvenu à extirper du cœur des gens les sentiments négatifs qui y étaient enracinés, ou a-t-on simplement maîtrisé les manifestations de ces sentiments ? BuntuAfrik partage largement l’avis de beaucoup qui reconnaissent ouvertement qu’au mieux on arrive à réduire la discrimination, mais pas à éliminer les préjugés. Pas étonnant puisque la loi identifie et punit tout acte de discrimination, alors que les préjugés se rapportent surtout aux pensées et aux sentiments des gens, et qu’on peut difficilement les réglementer. Or, pour éliminer les préjugés, il faut non seulement empêcher les actes discriminatoires, mais aussi changer les pensées et les sentiments des gens. Est-ce possible ? Chers Buntuafricains et chères Buntuafricaines, voilà une grande et importante question qui mérite votre aimable attention.

African in China 2

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