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LES PETITS BÂTONS DANS LES ROUES DU DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE : GROSSESSES PRECOCE ET NON DESIREE

  • Posted by: Ismens
  • On: September 5, 2016

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Etendue sur une table d’accouchement, Alougba était partagée entre les douleurs de l’enfantement et l’examen du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC). Oui, bien que tenaillée par les contractions utérines de plus en plus douloureuses et rapprochées, elle ne pouvait s’empêcher de penser à ses camarades de classe qui, en ce moment même, se battaient contre les épreuves de l’examen. Elle en eut un pincement au cœur et se mordit les lèvres. Mais pourquoi nous intéressons-nous au cas d’Alougba, un cas qu’on rencontre d’ailleurs tous les jours dans nos pays africains ? Comment est-elle arrivée là. Quelles en seront les conséquences sur elle-même et sur son entourage ainsi que sur son pays ? Et quel rapport avec le développement de l’Afrique ?

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Alougba était une adolescente qui n’avait que 15 ans et son cas est malheureusement loin d’être unique. Certes, médicalement parlant, à partir du moment de l’apparition des règles, une femme peut tomber enceinte et accoucher sans problème particulier, même si elle n’a que 14 ans. Dans certaines sociétés, particulièrement chez nous en Afrique noire, ce sont des situations assez fréquentes. En effet, chaque année, des millions d’adolescentes africaines deviennent des mères. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « près de 16 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans et quelque 1 million de jeunes filles âgées de moins de 15 ans mettent au monde des enfants chaque année – la plupart dans des pays à revenu faible ou intermédiaire », principalement donc en Afrique. Ce qui n’est pas sans risque puisque les complications sont monnaie courante : « Les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la deuxième cause de décès pour les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans dans le monde. » Les problèmes liés à l’avortement aussi ne sont pas à écarter : « Chaque année, près de 3 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans subissent des avortements à risque. » Les enfants qui viennent au monde dans cette situation ne sont pas non plus épargnés : « Les enfants de mères adolescentes ont un risque de mortalité sensiblement plus élevé que ceux de femmes âgées de 20 à 24 ans. » Quelle triste situation, ces grossesses précoces et non désirées qui ont honteusement cours sur la terre africaine !

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A ce stade, nous désirons vous apporter chers Buntuafricains et chères Buntuafricaines, une précision. Une grossesse précoce est une grossesse qui survient chez la jeune fille avant le temps c’est à dire avant l’âge de 18 ans et qui cause des problèmes de santé. Elle peut être désirée ou non. Par contre, une grossesse non désirée est une grossesse non voulue, qui peut aussi causer des problèmes de santé. Ceci dit, abordons les causes de ces grossesses. A part le rapport sexuel non protégé considéré à juste titre comme la cause directe, il existe plusieurs autres causes qualifiées de causes indirectes. Nous noterons : l’absence d’éducation sexuelle dans les foyers et dans les écoles, la consommation de la drogue, le manque de dialogue en famille, le vagabondage sexuel, les pressions parentales, le manque d’information, la recherche du luxe, la prostitution, le viol, l’ignorance, l’oisiveté, la naïveté, la curiosité, la cupidité, … Les conséquences sont aussi multiples que néfastes. « A tout seigneur tout honneur » dit l’adage. Aussi parlerons-nous en premier lieu de la jeune fille qui va subir ses conséquences sur plusieurs plans. Au plan psychologique, nous citerons : accouchement difficile à cause de l’étroitesse du bassin et de l’immaturité des organes, déchirure, hémorragie, fistule, éclampsie, césarienne, arrêt de croissance, maladies et infections sexuellement transmissibles (MST / IST / SIDA), stérilité secondaire, avortement criminel, mort. Sur le plan scolaire il y a arrêt et fin brusques des études. Au plan social, citons : stigmatisation (rejet, isolement, mépris), mariage forcé, perte de l’honneur, augmentation de la misère, dépenses supplémentaires, création de nouveaux besoins, fin possible de la relation. Sur le plan psychologique, il y aura : trouble de comportement, frustration, complexe d’infériorité, anxiété, agressivité, angoisse, névrose puerpérale (rejet total du bébé). A part la jeune fille.  Les conséquences s’étendent aussi au garçon (risque d’emprisonnement, irresponsabilité, paternité précoce, ralentissement des activités, responsabilité douteuse, délinquance, vol, remords, mariage forcé), aux parents (disgrâce familiale, division, querelle entre le père et la mère) et à la société (augmentation de la misère, ralentissement du développement, sous scolarisation de la fille).

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Au vu de toutes ces conséquences, l’OMS conclut : « La grossesse chez l’adolescente reste l’un des principaux facteurs de mortalité de la mère et de l’enfant et contribue au cycle de la mauvaise santé et de la pauvreté. » On voit bien à présent le rapport des grossesses précoces et non désirées avec le développement de l’Afrique. Ces grossesses engendrent des problèmes qui minent et retardent le développement de notre continent. Que faire alors ? Buntu Afrik demande, voire exige de ceux qui ont en mains la destinée de notre cher continent plus qu’informer les jeunes en matière d’éducation sexuelle et de contraception, domaine dans lequel excellent bien d’ailleurs les associations et les organisations non gouvernementales (ONG). Oui, nous attendons de la part des dirigeants africains, de véritables politiques et des actions concrètes pour le bonheur de nos jeunes sœurs, et partant de nos familles, de nos sociétés, de nos pays et enfin de notre Afrique. Buntu Afrik voudrait saisir cette occasion pour remercier vivement l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population, a publié en 2011 des lignes directrices sur la manière de prévenir les grossesses précoces et leurs conséquences en matière de santé reproductive. Nos remerciements vont également à toutes les associations et organisations non gouvernementales qui œuvrent aux côtés de l’OMS partout en Afrique pour enlever ce petit bâton, c’est-à-dire les grossesses précoces et non désirées, de la roue du développement de l’Afrique.

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