Login/Register

X

Select Your Language!

EnglishFrench

Blog

MUTATIONS SOCIO-ECONOMIQUES : L’AFRIQUE ARRIVERA-T-ELLE A SUIVRE LE RYTHME ?

  • Posted by: Ismens
  • On: February 1, 2016

Robbot hand_globe

L’apparition et le développement rapide de techniques nouvelles, essentiellement au 19è siècle en Europe, ont entraîné de profondes mutations économiques qui ont à leur tour mis la société alors rudimentaire sur les rails d’une révolution d’abord industrielle, ensuite électronique, et enfin numérique. Cette révolution qui n’est bien-sûr pas sans conséquences va affecter la société tous les domaines. Mais qu’est-ce au fait la révolution industrielle? Quels en sont les facteurs favorables et les conséquences socio-économiques? Dans quelle mesure l’Afrique est-elle touchée? Qu’en est-il de l’actuelle révolution? Que peuvent faire les pays en développement du continent noir pour suivre le rythme? Voilà autant d’interrogations qui alimentent les cogitations des esprits soucieux du développement et du bien-être des populations africaines

Revo Indust

Avant d’aller plus loin, signalons en toute humilité que notre intention n’est nullement et ne saurait jamais être de réécrire l’histoire. Nous souhaiterions juste, dans le souci d’aider nos chers Buntuafricains et Buntuafricaines à saisir le sens et la légitimité de notre préoccupation, faire un rappel succinct de certains moments forts de la révolution industrielle qui d’ailleurs a commencé bien avant le 19è siècle. En effet, la révolution industrielle a commencé depuis 1780. Adolphe Blanqui a créé l’expression « révolution industrielle » pour désigner les changements majeurs qui vont transformer les structures socio-économiques de l’Europe et des Etats-Unis dès cette année. De multiples raisons (dont essentiellement les moyens financiers fournis par le commerce, le goût du mécénat, la curiosité des chercheurs, la foi en la science, la coopération entre savants, la pratique de la méthode expérimentale, la multiplication des laboratoires, etc.) vont amener la science à connaître en Europe et aux Etats-Unis un développement tout à fait spectaculaire. Ainsi, d’importantes découvertes et inventions scientifiques vont voir le jour dans différents domaines du savoir. Sans vouloir en attribuer à qui que ce soit la paternité du déclenchement de la révolution industrielle, il est quand même de bon ton de préciser que la dite révolution s’est d’abord manifestée par l’invention en 1769 par James Watt de la machine à vapeur, laquelle va nécessiter l’utilisation d’une nouvelle source énergie (le charbon de terre). Etienne Lenoir, un autre illustre savant mettra au point le premier moteur à explosion fonctionnant au gaz de ville, et très rapidement, d’autres sources d’énergie telles l’électricité et le pétrole vont « exploser » le moteur à explosion. Plus tard avec la découverte de l’atome, suivront dans les années 1970 d’autres inventions (dont internet en 1969 par Arpanet et le premier ordinateur en 1977 par Apple) qui vont révolutionner les communications dans le monde entier. Ainsi, vu la période couverte depuis l’invention de la machine à vapeur en 1769 jusqu’à nos jours, certains préfèrent parler de « révolutions industrielles » prétextant qu’il y en a eu trois, la première allant de 1780 à 1880, la seconde, de 1880 à 1970 et la troisième de 1970 à aujourd’hui. Toutes ces trois révolutions vont, avec leurs découvertes et inventions scientifiques essentiellement en mathématiques, physique et chimie, vont faire le bonheur de la science, laquelle accouchera d’une prodigieuse fille dénommée « la technique » qui n’est nul autre que l’application des résultats scientifiques. La technique va vite faire un grand bond en avant en jetant les bases de la création des usines. Elle ira loin jusqu’à remplacer le travail manuel (fourni par l’homme) par le travail mécanique (fourni par les machines). Ce machinisme va à son tour s’intensifier avec la multiplication des machines de plus en plus nombreuses et ingénieuses qui vont envahir toutes les activités économiques. L’agriculture va s’en trouver perfectionnée et intensifiée grâce à l’utilisation de nouvelles travailleuses (tracteurs, moissonneuses, batteuses, …) et aussi à l’emploi des engrais chimiques. Quant à l’industrie, elle va multiplier ses branches (automobile, construction mécanique et électrique, chimie, pharmacie, …) et connaître de nouvelles méthodes dans la production comme la standardisation (production massive en série) qui va provoquer la baisse des prix et la taylorisation (travail à la chaîne) consistant en une organisation du travail visant à diminuer le temps de production. Les domaines des transports et des échanges ne resteront pas épargnés. Ils connaîtront un perfectionnement et une utilisation généralisée des routes, du chemin de fer, des bateaux ainsi que des avions avec la découverte de l’hélice. Les échanges vont ainsi devenir plus faciles et plus intenses entre les zones de production et les foyers de consommation des grandes villes. Sans conteste, nous pouvons affirmer que la révolution industrielle amorcée depuis 1780 est à l’origine des profondes mutations économiques et sociales qu’a connues et continue de connaître notre société. Et « il est hors de doute que, dans une certaine mesure, le machinisme a amélioré le bien-être général » (Henri Bergson, les Deux Sources de la morale et de la religion, p. 327). Indéniablement, « pour un homme d’aujourd’hui, les USA offrent un des plus beaux spectacles du monde. Ce machinisme intensif fait penser à l’industrie prodigieuse des hommes de la préhistoire. Quand on rêve dans la carcasse d’un gratte-ciel ou dans le pullman d’un rapide américain, on découvre immédiatement le principe de l’utilité » (Blaise Cendrars, Moravagine, Œ. compl., t. IV, p. 183). Mais qu’en est-il spécifiquement de l’Afrique plus de deux siècles après le début de cette révolution? Tout comme les autres continents, elle aussi a eu son lot. En fait, certains spécialistes et africains avisés avaient même cru que la révolution industrielle avec ses retombées économiques et sociales allait aider l’Afrique à amorcer son véritable développement comme ce fut le cas de l’Europe et des Etats-Unis. Aujourd’hui, force est malheureusement de constater que non seulement l’Afrique court toujours après son développement tant souhaité, mais aussi elle court un grand risque avec le virage que prend justement cette révolution. En effet, les conséquences du machinisme ne sont pas toutes bénéfiques à la société. Entre autres griefs contre le machinisme, nous pouvons citer la dégénérescence intellectuelle qu’il provoque. Voici comment Georges BASTIEN décrit la situation : « A rester pendant des heures à servir une machine, à répéter le même mouvement machinal, un engourdissement intellectuel envahit le cerveau du travailleur. Plus d’amour du métier, plus de conscience ni de dignité professionnelle, plus de repos de l’esprit se délassant par la variété des occupations, plus d’initiative et d’enrichissement technique : l’ouvrier est réduit à l’état de machine. Si l’on y ajoute les conséquences de la rationalisation, qui exige une tension concentrée pour parvenir à accompagner la rapidité d’une machine, on se rend compte que le machinisme éteint, pendant 8 ou 9 heures par jour, l’activité intellectuelle du travailleur « mécanisé ». Ainsi compris, le machinisme, déjà perturbateur de l’économie loin de libérer l’esprit, conduit à l’abrutissement. » A cela, nous pouvons ajouter le chômage, la plaie de notre époque. Georges BASTIEN explique : « Aussi paradoxal que cela puisse apparaître en pure logique, l’abondance de la production, l’accumulation des denrées et objets, réduit une portion de plus en plus forte du prolétariat à la plus profonde misère. La machine remplace les bras. Ceux-ci sont inemployés. Et le travailleur sans ouvrage n’a point de salaire. Dans les pays fortement industrialisés, où le machinisme est poussé à son maximum, le nombre des chômeurs s’accroît sans cesse; des millions aux États-Unis, en Angleterre, et en Allemagne. Le problème du chômage est devenu un problème social de premier ordre, singulièrement angoissant. Un ordre social quelconque ne peut laisser longtemps, sans être en danger, des millions d’hommes inoccupés et sans moyens d’existence. » Mais ceci n’est peut-être pas alarmant, comparé à la grande question de survie que pose la nouvelle génération de machines, les robots. Et oui, c’est plus qu’une certitude. Les robots se voient confier de plus en plus d’emplois au détriment de l’homme qui franchement se doute bien de ce qu’il fera désormais pour gagner sa vie et celle de sa famille. L’avancée fulgurante des robots sur le marché du travail amène les spécialistes à parler de révolution robotique, voire de tsunami robotique, phénomène contre lequel l’homme moderne ne peut malheureusement raisonnablement rien. Tous les secteurs d’activité sont concernés. Julien Duriez classe nos chers concurrents, les robots en trois types : « Les robots industriels (Ils sont les premiers à être apparus dans les entreprises, il y a une trentaine d’années. La société japonaise Kawasaki est le premier constructeur mondial), les robots d’assistance personnelle (La France est bien placée sur ce marché prometteur, avec notamment la société Aldebaran et le dernier-né de ses robots humanoïdes : Pepper), les robots domestiques (L’entreprise américaine iRobot a vendu 10 millions d’exemplaires de ses robots aspirateurs à travers le monde. Elle travaille à la conception d’un nouveau modèle, cinq fois plus puissant, qui pourra peut-être un jour remplacer le personnel de ménage). Selon une étude réalisée par la Bank of America, les robots vont réaliser jusqu’à 45% de la production d’ici 2025 contre seulement 10% actuellement (voir http://cnnmon.ie/1n5GWR0 pour plus d’amples chiffres).

Revo Indust 2

Si les grands Etats comme les USA, la France, le Japon, la Chine, etc. se sentent lourdement concernés par le problème et commencent déjà par faire des projections sur 10 ans, 20 ans et plus, qu’en sera-t-il des petits pays africains? La question vous est posée, chers Buntuafricains et chères Buntuafricaines, vous qui avez à cœur le bien-être des pauvres populations noires. Notre continent n’a pas encore eu le temps d’assimiler les révolutions passées et leur cortège de mutations socio-économiques avant que cette nouvelle révolution n’arrive. L’Afrique aura-t-elle le temps et les ressources nécessaires pour faire face à une telle situation. En tous cas, Buntu Afrik veut bien le croire. Ne dit-on pas souvent qu’un homme averti en vaut deux ? Heureusement, la question alimente déjà bien de discussions et nous osons croire que de brillantes idées jailliront de vos têtes pour sauver notre cher continent, l’Afrique de ce grand et redoutable orage qui s’annonce.

web_crawler_apple

← Back

Leave a Comment